AIR - juillet 2022

Projet Mama, la gestation d’une nouvelle construction aéronautique

 

Lancé en 2018, ce projet de recherche piloté par l’IRT Saint-Exupéry regroupe des acteurs académiques et des industriels de la filière aéronautique. Doté de près de 10 M€, Mama a pour objectif de réduire les coûts de fabrication des pièces de structure métalliques. État des lieux avec Pierre Réga, directeur général adjoint Aubert & Duval, dont le site ariégeois est impliqué dans le projet.

Pour poursuivre son développement, l’industrie aéronautique est contrainte de continuer à innover. Qu’il s’agisse de nouveaux carburants et de décarbonation ou de recherches sur les matériaux afin de réduire le poids ou le coût de fabrication. Le projet Mama (Metallic Advanced Materials for Aeronautics), piloté par l’IRT Saint-Exupéry, acteur majeur de la recherche sur les technologies de transformation à chaud d’alliages métalliques en Occitanie, s’inscrit pleinement dans cette logique. Lancé en 2018, il a pour objectif de renforcer et de moderniser le secteur aéronautique français et sa chaîne d’approvisionnement. Une nécessité d’autant plus prégnante depuis le début de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, alors que la Russie est le premier fournisseur mondial de titane pour l’aéronautique, aujourd’hui privilégié au détriment des aciers et alliages d’aluminium, ce qui a entraîné une hausse significative des coûts de fabrication.

 

Nous mutualisons les ressources de notre territoire autour d’un objectif de recherche commun. Aubert & Duval bénéficie de l’excellence de l’IRT dans la fabrication additive et la métallurgie et met à disposition des outils qui permettent de faire avancer de concert les progrès scientifiques et industriels. Une approche qui limite fortement les effets d’échelle que l’on peut observer lorsqu’on industrialise des résultats obtenus en laboratoire.

Pierre Réga, directeur général adjoint d’Aubert & Duval

 

Une problématique plus que jamais d’actualité

Aujourd’hui, il est donc essentiel de développer « des briques technologiques et des connaissances scientifiques » dans ce domaine, comme l’indique la feuille de route du projet Mama. Avec un objectif clair : « la réduction significative des coûts de fabrication des pièces de structure primaire aéronautiques en alliage de titane TA6V, de l’ordre de 30 à 40% par rapport à la situation industrielle actuelle ». Parmi les acteurs impliqués dans le projet, l’usine Aubert & Duval de Pamiers, filiale du groupe Eramet, spécialisé dans la métallurgie haut de gamme. Le site ariégeois est équipé d’un atelier de recherche et développement en matriçage à très haute température, qui est l’une des trois pistes explorées dans le cadre du projet Mama. Il travaille avec l’IRT à l’élaboration de nouveaux procédés de fabrication de pièces aéronautiques en titane. « Nous mutualisons les ressources autour d’un objectif de recherche commun. Aubert et Duval bénéficie de l’excellence de l’IRT dans la fabrication additive et la métallurgie et met à disposition des outils qui permettent de faire avancer de concert les progrès scientifiques et industriels. Une approche qui limite fortement les effets d’échelle que l’on peut observer lorsqu’on industrialise des résultats obtenus en laboratoire », explique Pierre Réga, directeur général adjoint d’Aubert & Duval et directeur Business Unit pièces matricées. L’usine de Pamiers met ainsi à disposition une presse pilote de 1000 tonnes et une presse de production de 22 000 tonnes.

 

Des résultats déjà tangibles

Des travaux collaboratifs qui ont permis à Aubert & Duval de proposer une industrialisation des résultats obtenus à Airbus pour différentes références de produits. Et ainsi de participer au renforcement de la filière française de la construction aéronautique. « Le projet Mama nous apporte de l’agilité et de la souplesse pour aborder la construction industrielle de façon innovante. Cette collaboration unique de R&D, soutenue par le PIA et la Région Occitanie, délivre des résultats tangibles face à des défis économiques, environnementaux et stratégiques », conclut Pierre Réga.