AIR - novembre 2022

Instadrone, premier opérateur national de drones

 

En huit ans, la société biterroise est devenue leader sur le marché du drone. Un succès qui s’explique par un large réseau et des partenariats solides. Confortant le statut de l’Occitanie comme terre d’excellence en matière de drone.

Encore gendarme, Cédric Botella prépare sa reconversion en 2014, au tout début de l’utilisation des drones. Il crée alors Instadrone, avec sa femme Aurélie Malgouyres. « Quand j’ai commencé, je faisais de la photo et de la vidéo, notamment pour la CCI de Béziers qui a été l’un de mes tout premiers clients et rapidement nous avons été happés par le secteur industriel et les télécommunications qui nous ont demandé de réaliser des études techniques », explique-t-il aujourd’hui. Et d’ajouter : « J’étais encore gendarme à ce moment-là, je ne pouvais pas me déplacer sur l’ensemble du territoire donc j’ai fait appel à des anciens de promo. C’est pour cette raison que le réseau est composé à 60% d’anciens militaires. À la rentrée prochaine, sa société comptera 32 salariés au siège, 28 agences sous licence de marques, « ce qui représente environ une cinquantaine de salariés », et 8 agences à l’étranger.

 

En Occitanie, avec le pôle Aéropsace Valley et l’historique aéronautique de Toulouse, on peut souligner que le drone a un intérêt majeur. Instadrone est le premier opérateur de réseaux de drones en France.

Cédric Botella, directeur d’Instadrone

 

Capter et traiter les données

« Nous avons basculé en bureau d’études assez vite, pour capter la donnée et la traiter. C’est sur ce traitement que nous générons le plus de plus-value. Nous sommes un bureau d’études qui utilise les drones aériens, aquatiques, subaquatiques, et terrestres », développe-t-il. « Au siège, nous gérons l’ensemble de la région Occitanie. Nous travaillons pour les grands comptes tels que EDF, Total, Suez, etc. mais aussi des collectivités. » Aujourd’hui, 50% du chiffre d’affaires est généré par les télécommunications, pour tout ce qui est études d’implantation. « C’est important notamment en Occitanie car il y a beaucoup de zones blanches et on travaille à l’implantation de ces pylônes dans les zones blanches », justifie Cédric Botella. 20% du chiffre d’affaires concerne l’implantation topographique, pour des cabinets de géomètres ou encore de développeurs ENR. 20% se font dans l’inspection de bâtiments, de canalisations pour le compte souvent de collectivités. Enfin, le reste est relatif aux formations et à l’agriculture. « Dans l’agriculture, on est en collaboration avec Telespazio, qui est une entité du groupe Thales implantée à Toulouse. Nous faisons de la géodétection de plantes invasives. Il y a un énorme potentiel dans ce domaine-là ».

 

« Partenariats durables et solides »

Et c’est aussi ces partenariats nombreux qui expliquent le succès de l’entreprise. « Nous avons des partenariats, avec des groupes d’expérience tels qu’Hexadrone, Altametris, Yellowscan, Teria ou encore Telespazio. Ces partenariats durables et constructifs nous ont permis d’acquérir des compétences propres à chacun de leur domaine et de les restituer à nos clients », relate l’entrepreneur. Mais ce qui fait la spécificité de ce groupe, c’est son excellence. « En Occitanie, avec le pôle Aérospace Valley et l’historique aéronautique de Toulouse, on peut souligner que le drone a un intérêt majeur. Instadrone est le premier opérateur de réseaux de drones en France. Nous sommes le plus important en termes d’opérateurs, de croissance, avec 80 % d’augmentation depuis un an, et un chiffre d’affaires qui s’élève à 4,3 millions en 2021 », énumère Cédric Botella. L’entreprise collabore également beaucoup avec l’agglomération de Béziers, avec Viaterra qui est l’agence de développement immobilière de Béziers. « Nous avons travaillé dans le domaine des canalisations pour Béziers. On répond très régulièrement à des appels d’offres des collectivités. » Et à la rentrée, l’entreprise a plusieurs défis. Le premier est d’ouvrir une agence à Dakar, et à Tahiti. L’autre, d’installer un drone de surveillance automatisé, pour la surveillance et l’inspection du site de la future gigafactory Genvia, bras armé du déploiement industriel d’une technologie de rupture de production d’hydrogène.