AIR - avril 2022

Gillis Aéro, une stratégie avisée

 

Dès sa reprise de Gillis Aerospace en 2011, Serge Dumas a voulu « redonner vie à cette belle endormie », créée en 1965 et spécialisée dans les petites et moyennes fixations principalement pour l’aéronautique. Installée à Dieupentale, dans le Tarn-et-Garonne, cette PME de 37 salariés, adossée au groupe allemand Böllhoff, vise 4,5 M€ de chiffre d’affaires en 2022, assez loin des 6 M€ envisagés avant la crise du Covid. Malgré tout, Gillis Aerospace a largement amorti les turbulences du secteur aéronautique, avec respectivement 4,2 et 4 M€ de chiffre d’affaires en 2020 et 2021, soit des baisses de 6 et 9 % par rapport à 2019. Le résultat d’une stratégie et d’un positionnement réfléchis.

 

Notre nouveau bâtiment, équipé d’une toiture photovoltaïque qui fournira 50 % de l’énergie nécessaire à la production, va nous permettre d’augmenter nos capacités de forge. Il sera à pleine puissance en septembre.

Serge Dumas, directeur général de Gillis Aerospace

 

« Il faut d’abord rendre hommage au Gifas et à la bonne organisation du secteur », souligne Serge Dumas, qui poursuit. « L’aviation commerciale ne représente que 30 % de notre activité, ce qui a permis de limiter les effets de la crise. Nous sommes très présents sur les hélicoptères et le militaire et avions capté de nouveaux clients en 2018 et 2019. » Outre le marché de niche des fixations non standard qui permet à Gillis Aerospace de se distinguer des gros acteurs du marché, la PME a développé une activité de traitement de surface, facilitée par la création d’un nouveau bâtiment en 2018. Elle s’est même lancée dans la fabrication de pièces pour la compétition automobile. « Il faut être agile et clairvoyant », assure le dirigeant, alors que son entreprise est homologuée par les plus grands groupes sur ce segment d’activité, qui représente un tiers du chiffre d’affaires.

Mais, surtout, la société tarn-et-garonnaise n’est pas restée inactive pendant la crise. Désireuse d’accélérer, elle a su profiter du plan France Relance pour mettre en œuvre ses divers projets de développement. « Nous avions un projet de 500 000 euros pour accroître la capacité industrielle, en incluant le bâtiment. Grâce à ces aides, nous sommes passés à 1,3 M€, sans le bâtiment. Sans cela, nous n’aurions pas osé », pointe Serge Dumas. Ainsi, Gillis Aerospace entend augmenter sa production, développer la robotique et « notamment optimiser l’utilisation des robots » et mettre en place un logiciel de pilotage de la production.