AIR - octobre 2018

Latécoère,
poursuivre la mutation pour rester compétitif

 

L’entreprise aéronautique toulousaine poursuit son plan Transformation 2020, lancé il y a deux ans. L’usine de Montredon, inaugurée en juin, doit faire basculer Latécoère dans l’ère de l’automatisation et préparer le groupe à l’arrivée des futurs programmes.

 

101 ans après sa création, le groupe Latécoère continue d’être un acteur majeur de la filière aéronautique. Pourtant, les dernières années ont été difficiles pour cette entreprise historique. Au bord de la liquidation en 2013, Latécoère a entamé une restructuration de ses activités et a lancé, en 2016, le plan Transformation 2020, doté de 100 M€. Un Plan de sauvegarde a succédé à une modernisation des outils de production permettant de répondre aux attentes des avionneurs. Un objectif illustré par l’inauguration en juin dernier de son usine 4.0 sur le site de Montredon. « Cette usine automatisée est dédiée à l’usinage et la tôlerie de pièces aluminium, précise Yannick Assouad, CEO de Latécoère. Une extension à venir sera consacrée au traitement de surface associé. » Au total, 45 M€ seront investis sur le site, qui devrait atteindre 9 000 m2.

Spécialisé dans les aérostructures et les systèmes d’interconnexion, le groupe a par ailleurs ouvert au mois de mars une nouvelle usine en Bulgarie dédiée aux petits assemblages difficiles à automatiser « afin de poursuivre la spécialisation de nos sites pour les rendre plus efficients », indique Yannick Assouad. Mais l’ambition de Latécoère dans la digitalisation des processus de production ne se limite pas à Montredon puisque le site de Prague est en cours d’automatisation et que le process est quasiment terminé sur le site mexicain. « Le dernier axe de l’automatisation est le câblage, dont on dit souvent qu’il n’est pas automatisable. Nous sommes en train de travailler sur le câblage des connecteurs et espérons aboutir au premier trimestre 2019 », assure Yannick Assouad.

 

IRT, Laas, CNRS, Isae, Laplace, Aerospace Valley… : nous avons la chance en Occitanie d’avoir des laboratoires experts.

Yannick Assouad, CEO de Latécoère

 

Avec la signature de nombreux contrats dans le secteur des systèmes d’interconnexion, Latécoère devrait enregistrer une hausse de son activité en 2018. « Après une année 2017 à 650 M€ de CA, nous devrions cependant voir le chiffre baisser en raison de l’effet dollar », tempère la dirigeante. En croissance sur ce segment d’activité, ce qui l’a poussé à s’installer en Inde en juin, Latécoère espère récupérer quelques contrats remis sur le marché par les avionneurs sur la partie aérostructures. « Pour cela, il faut que Latécoère arrive à proposer du Built to Print, des choses que nous n’avons pas conçues. C’est un vrai défi et un changement de mentalité pour un groupe qui possède un bureau d’études très fort », note Yannick Assouad.

Avec son bureau d’études 100 % toulousain, Latécoère travaille fortement avec l’écosystème local sur l’amont. « Nous avons la chance, en Occitanie, d’avoir des laboratoires experts dans le domaine », rappelle la CEO, qui évoque notamment l’IRT, le Laas, le CNRS, l’Isae, le Laplace ou encore le pôle Aerospace Valley. Avec plus de 2 000 salariés dans la région sur les 4 500 que compte le groupe, Latécoère demeure un acteur historiquement attaché à la supply chain régionale.